« GANGÂ Fleuve céleste au pays des hommes »

Fleuve de vie, colonne vertébrale de l’Inde du Nord, il serpente langoureusement au gré des méandres de la plaine indo-gangétique, densément peuplée. Dans ce grenier de l’Inde fertilisé par un limon abondant arraché au relief himalayen, le monde rural orchestre le paysage agraire. Fleuve des dieux et des hommes, ponctué de villes saintes millénaires. Les bains purificateurs et la «puja», rituel d’offrandes bienfaitrices au fleuve demeurent un véritable mode de vie, malgré la contamination dramatique de ses eaux sacrées. Fleuve céleste dispersant les bribes non consumées des crémations. Paradoxe de ce flot de sagesse, nourricier, « Gangâ », selon son cycle cosmique manifeste aussi un visage destructeur, impétueux semant parfois la mort lors de ses crues dévastatrices. Après 2 500 km, depuis les hautes sphères himalayennes, ses eaux brunâtres empreintes de croyances sacrées se métissent en n à l’Océan, symbole d’unité… De cette rencontre mystique avec Gangâ, Jean-Christophe Plat présente ses images fortes en noir et blanc teintées d’un clair-obscur entrant en résonance avec la poésie de ce fleuve céleste au pays des hommes.